Depuis quelques mois déjà, deux papetiers ardéchois, les frères Montgolfier, expérimentent les premiers ballons à air chaud lorsque le 19 septembre 1783 une "montgolfière" s’élève à Versailles, devant le roi Louis XVI et toute la cour. Elle emmenait un mouton, un canard et un coq qui furent récupérés à quelques kilomètres de là en parfaite santé.
Le 21 novembre suivant, ce sont deux humains en personne, Jean-François Pilâtre de Rozier et le Marquis d'Arlandes, qui s'élèvent dans les airs et traversent Paris, de la Muette à la Butte aux Cailles. Le retentissement de l’expérience est considérable, et la ville des Sables d'Olonne demande aussitôt à bénéficier, elle aussi, d’une telle démonstration.
C'est ainsi que moins de deux mois plus tard, le 10 janvier 1784, une première démonstration est organisée sur la plage des Sables d'Olonne, la montgolfière s‘élevant alors de 650 pieds. Elle est suivie d'une seconde tentative dès le 5 mai suivant, qui voit alors l’enveloppe s’élever "très haut" et retomber "à environ une lieue en mer", ainsi que nous le rapporte Jacques Duget qui deviendra maire des Sables l'année suivante.
Dix jours seulement après Rozier et Arlandes, le physicien Jacques Charles avait de son côté parcouru 35 Km dans un ballon gonflé à l'hydrogène de son invention.
Il faudra toutefois attendre le 31 décembre 1905 pour voir un ballon à gaz s’élever dans le ciel sablais. L’aéronaute s’appelle alors Jacques Faure, et son ballon baptisé l'Elfe décollera bien sûr … de l'usine à gaz, sur l'actuel Cours Guédon. Georges de la Rochethulon alors maire de Saint Hilaire de Talmont, et député de la Vendée, devait accompagner l'aéronaute mais en raison de mauvaises conditions météorologiques Jacques Faure décide finalement de partir seul, ce qu'il fait vers 14 heures. La nuit tombée, on le verra revenir, juché sur une motocyclette qu’il avait empruntée à Machecoul, en Loire Atlantique, où il avait atterri sans dommage.
Peu après, le 25 juillet 1909 exactement, la traversée de la Manche en aéroplane par Louis Blériot marque le début d'un fantastique engouement pour l'aviation. Partout en France on voit le public se précipiter pour assister aux première "fêtes aériennes".
Les Sables d’Olonne, station balnéaire de renom, ne pouvait être en reste. Aussi une première fête aérienne y est elle organisée dès l’été 1911. Depuis longtemps les courses de chevaux se tenaient sur la grande plage face au remblai. C'est donc sur cette plate-forme - dégagée et facilement accessible à un large public - que fut aussi organisée aussi cette fête d'un nouveau genre, une fête encore bien modeste puisqu’un seul aéroplane y fut exhibé.
Le « pilote aviateur » (c’était le terme usité à l’époque) est un tout jeune homme de 19 ans du nom de Edouard Maurice Gastinger. Il détient le brevet de pilote N°455 délivré le 7 avril précédent. Le mercredi 30 août 1911 à 14h55, Gastinger pose donc son Blériot XI type «Traversée de la Manche» sur la plage des Sables. Il arrive de Niort après un vol réalisé à la vitesse moyenne extraordinaire de 90 km/h.
Il effectue plusieurs vols les jours suivants, devant un rassemblement estimé à dix mille personnes pour le seul vendredi, avant de mettre le cap sur Nantes le 1er septembre, non sans avoir longuement survolé la ville, et salué une foule toujours aussi enthousiaste. Le succès de cette première fête aérienne amèna la municipalité à renouveler l’expérience les années suivantes.
Ainsi, du 26 au 28 juillet 2013 ce sont trois aviateurs qui assurent les démonstrations : le célèbre Georges Legagneux, (brevet N°55 obtenu dès avril 1910) réputé pour son audace dans la réalisation de figures impressionnantes sur son Blériot XI, est épaulé par deux pilotes moins connus, Félix Bosano (brevet N°828) et Pierre Divetain (brevet N°456).
Ce dernier se taille un succès tout particulier puisqu'il pilote un "hydroplane" (comprendre un hydravion) et qu'il posera donc son "Aéro-Yacht Borel-Denhaut", non pas sur la plage comme les autres, mais sur l'eau.
Rapidement les aéroplanes s'affranchissent du cadre des fêtes aériennes pour apparaître inopinément dans le ciel… mais aussi sur terre. C'est ainsi que sans crier gare le samedi matin 31 juillet 1912 vers 11 heures, un monoplan Blériot se pose sur la plage, à la plus grande surprise des promeneurs. En descend M. Etienne Giraud (brevet N°493), pilote automobile réputé et sportif éclectique : il arrive de Noirmoutier où il est en villégiature. M. Giraud repart une demi-heure après, dans une certaine confusion malgré les efforts de la police pour dégager la plage…
Le 24 août 1913 c’est Gilbert Landry (brevet N°985), un aviateur régional puisque né à Mirebeau dans la Vienne, qui se pose à son tour sur la plage provoquant une belle pagaille.